Un plan de lutte contre le gaspillage dans les cantines scolaires sera lancé en 2017

Choix des menus à l’avance grâce à une application sur smartphone, système de «doggy bag» pour emporter son dessert et le manger au goûter… Les idées d’Arash Derambarsh, élu de Courbevoie (LR), pour lutter contre le gaspillage alimentaire dans les cantines scolaires ne manquent pas. Le conseiller municipal s’est rendu vendredi au lycée Paul Lapie de Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, afin de présenter aux professionnels de la restauration scolaire et aux élèves les pistes qu’il proposera ensuite à la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.

L’enjeu est énorme: on estime que 20 à 40% du budget denrée d’un établissement scolaire part à la poubelle. «Un lycée comme celui de Paul Lapie, qui compte 1400 élèves, génère environ 25 tonnes de déchets par an. En Ile-de-France, le gaspillage alimentaire coûte chaque année près de 19 millions d’euros à la région: il est plus que temps d’agir», déclare Arash Derambarsh, à l’origine d’une loi contre le gaspillage qui a été votée le 3 février 2016.

Différentes propositions pour répondre à une urgence

Arash Derambarsh avec Nicolas Duval et Victor Marostegan, fondateurs de la start-up Takeaways, et M. Le Cor (proviseur du lycée Paul Lapie)

«J’avais pensé à une application pour smartphone sur laquelle vous recevrez, une semaine avant, les menus proposés pour la semaine suivante», explique Arash Derambarsh aux élèves d’une classe de seconde. «Vous pourrez ensuite choisir le menu que vous préférez, ou signaler si vous êtes absents». L’objectif est double: empêcher de jeter à la poubelle des aliments non consommés, et permettre au chef de la restauration scolaire d’avoir une meilleure idée du nombre d’élèves qui déjeuneront à la cantine.

«J’avais aussi pensé à un système de «doggy bag» pour que vous puissiez emporter votre dessert et le manger lors du goûter», ajoute l’élu courbevoisien. «Des associations locales pourront également venir récupérer les restes de produits frais à chaque fin de service pour les redistribuer aux personnes qui ont faim.»

Si les mesures proposées rencontrent un certain succès auprès des élèves, quelques objections surviennent: «Si vous nous proposez de choisir notre menu, on va toujours manger la même chose», réplique un élève de seconde. Les choix des élèves pourraient par ailleurs ne pas toujours être conformes aux normes GEMR-CN (Groupement d’Etude de Marchés en Restauration Collective et de Nutrition), qui visent à garantir la qualité nutritionnelle des repas servis. De même, le chef du restaurant scolaire trouve que le «doggy bag» est une bonne idée, mais que son fonctionnement reste à étudier: «Cela ne peut fonctionner que pour des produits secs, comme les fruits ou les gâteaux toujours emballés. En revanche, ce ne sera pas possible pour les produits frais, le risque sanitaire est immense.»

Quelle que soit la solution choisie, l’élu courbevoisien et les personnels de restauration insistent sur la nécessité de responsabiliser les élèves: «il faut qu’ils prennent conscience des quantités gaspillées». Car si les plats chauds servis à la cantine sont presque tous entièrement consommés, beaucoup d’aliments reviennent intacts ou à peine entamés. «Il y a avait du pain, alors j’en ai pris par habitude», admet un garçon. «J’ai commencé par le plat, du coup je n’avais plus faim pour l’entrée», ajoute un autre élève. Les élèves dénoncent également un manque de temps pour déjeuner: «il y a beaucoup de monde à la cantine et on n’avait plus le temps pour finir, alors on a laissé», expliquent-ils. Dans son combat contre le gaspillage, Arash Derambarsh a du pain sur la planche.

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