Cantine bio

Morlaix. La chasse au gaspillage en cantine est ouverte !

Assiettes « petites faims », fruits en tranches… Les six écoles publiques de Morlaix sont engagées dans un plan de réduction des déchets alimentaires. Objectif : une baisse de 30 %.

Dans quelle démarche est engagée la municipalité ?

« Depuis la rentrée 2016, les collectivités ont l’obligation de lutter contre le gaspillage alimentaire au sein des services de restauration collective dont elles assurent la gestion », rappelle Nicolas Ulrich, chargé de mission prévention des déchets à Morlaix Communauté.

Mercredi, lors d’un rassemblement de l’Association nationale de la restauration territoriale (Agores) à Ploujean, il a présenté le projet mené à Morlaix.

Les six cantines municipales sont intégrées à un plan volontariste pour diminuer le volume des poubelles. La Ville est accompagnée par Morlaix communauté, le laboratoire Labocea et l’Ulamir.

Quel est le constat de départ ?

Une première phase a été consacrée à l’état des lieux. Observation du fonctionnement des services, enquête auprès des parents et des enfants.

Et, surtout, des pesées « pendant trois semaines, après chaque service ».

Constat : entre les repas non servis et les assiettes non terminées, le coût annuel du gaspillage alimentaire pour les six écoles publiques est estimé à 150 300 €, soit 19 600 plateaux-repas qui partent à la poubelle.

Qu’est-ce qui est mis en place pour y remédier ?

Pour parvenir à l’objectif de 30 % de réduction des déchets, un plan d’action est actuellement déployé. À commencer par un système de réservation plus performant. Des petites assiettes ont aussi fait leur apparition aux côtés des grandes, invitant les enfants à décider s’ils ont une « petite » ou « grosse » faim, pour les entrées notamment.

Les bouteilles d’eau sont devenues des carafes, et la vinaigrette est désormais en libre-service, dans des gourdes.

Autre nouveauté qui allie santé et diminution des poubelles : « Les fruits sont servis tranchés, épluchés ou pressés, décrit Sophie Gallou, responsable de la cuisine centrale. Ça marche très bien. »

Le « rab » n’est accordé qu’en cas d’assiette vide, et le cadre des cantines est amélioré. Enfin, dans les selfs, le pain n’est plus en début mais en fin de rang. 1 160 baguettes étaient gaspillées tous les ans jusque-là. À la fin de l’année scolaire, un bilan sera réalisé.

Comment associer les enfants ?

D’abord, en les confrontant à leurs déchets. Ils sont invités à trier et vider leurs plateaux. « C’est très bon pour les sensibiliser, car ça leur permet de se rendre compte de ce qu’il reste », continue Sophie Gallou.

L’Ulamir accompagne aussi les enfants lors des temps d’activités périscolaires. « Une école a choisi d’enregistrer un CD de chansons sur le gaspillage, une autre a créé un livre de recettes », décrit Orélie Rosec, animatrice.

Combien ça coûte ?

Le coût total, dans les six cantines, est de 11 700 €. Mais, comme l’explique la responsable de la cuisine centrale, « on estime que pour un euro investi, quatre sont économisés ». Qui pourront être réinjectés dans le « bio et le local », relève Nicolas Ulrich.

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