Cantine bio

Manger 100 % nivernais à la cantine… Ils y travaillent

Et si, un jour, dans l’assiette du collégien clamecycois, du lycéen neversois ou du pensionnaire d’une maison de retraite du Bazois, tout ou presque provenait des fermes de la Nièvre ? C’est l’ambition du Conseil départemental, de la Chambre d’agriculture et de la Préfecture, qui travaillent à la mise en place d’une « plate-forme d’approvisionnement collective publique avec valorisation des produits locaux ».

Une réunion d’étape se tenait, lundi, à l’Hôtel du Département, avec tous les services concernés. La démarche portée par Patrice Joly, Éric Bertrand et Joël Mathurin présente le double avantage de « générer de la valeur ajoutée à la ferme Nièvre » et de « répondre aux attentes des consommateurs ».

Toutefois, la généralisation des circuits courts dans le ravitaillement des cantines ne se fera pas toute seule. Il faut intervenir à trois niveaux. L’offre, la demande et la rencontre des deux : le marché.

Nous avons les volumes nécessaires. Il faut juste structurer un peu plus certaines filières.

En matière d’offre, pour fournir quatre millions de repas à l’année (lire ci-dessous), la production agroalimentaire nivernaise devra être suffisante et constante. Éric Bertrand, président de la Chambre d’agriculture, considère que cela ne pose « aucun souci » pour la viande bovine, les produits laitiers, voire les volailles. « Là, nous avons les volumes nécessaires. Il faut juste structurer un peu plus certaines filières ».

Il reconnaît, cependant, que « pour d’autres, comme les fruits et légumes, nous ne sommes pas à la hauteur ».

Pour que le mieux disant l’emporte

En matière de demande, le préfet rappelle que le cadre est strictement défini par le code des marchés publics, qui garantie une concurrence loyale. Des marges de manœuvre existent néanmoins.

« Nous sommes en train de nous doter d’outils pour permettre des achats publics plus durables en matière d’économie locale, d’emploi », souligne Joël Mathurin. « Pour qu’il n’y ait pas seulement le critère du prix, le moins disant, mais aussi des critères complexes, le mieux disant. Là, cela va encore plus loin, avec des critères de mieux disant qui respectent le territoire. »

Le préfet et le président du Conseil départemental s’engagent à mettre à disposition des acheteurs locaux, dans le futur, des « cahiers des charges intelligents » avec des critères s’inscrivant dans la légalité tout en étant taillés pour les producteurs locaux.

Déjà en test dans les collèges

Une mission pilote a été engagée depuis la rentrée de septembre dans les collèges. « Nous abordons le problème par les deux bouts », détaille Patrice Joly. À une extrémité, les producteurs prêts à s’engager dans la démarche sont suivis, leur niveau de production est mesuré sur le long terme, des conseils leurs sont apportés… À l’autre, les établissements scolaires sont aidés. « S’il y a un surcoût, nous nous sommes engagés à l’assumer », indique le président du Département.

Le juste prix, quelques centimes de plus

Éric Bertrand tient à pondérer la potentielle hausse du prix unitaire pour manger local. Le surcoût est, selon lui, minime. « 1,5 € de plus au kilogramme de carcasse départ exploitation, c’est seulement dix centimes de plus la ration », donne-t-il en exemple pour la viande. Cela paraît un bien petit effort en effet pour assurer un revenu décent au producteur.

La plate-forme d’approvisionnement collective publique avec valorisation des produits locaux a été initiée dans le cadre de la mission Aider. L’Appui interministériel au développement et à l’expertise en milieu rural a été mis en place par le Comité interministériel aux ruralités pour « faire avancer concrètement » des projets portés par des élus de territoires ruraux.

Bertrand Yvernault

Source : http://www.lejdc.fr/

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