Cantine bio

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Selon une étude que nous révélons, 86% des familles souhaitent qu’au moins 20 % des aliments servis à l’école soient sans pesticides.

Après quelques jours en maternelle, Noé, 3 ans, aime tout, sauf… la cantine. « La cuisine est berk ! » résume-t-il. « Et pas du tout bio », souffle sa mère, Lisa. La quadra, adepte du sans pesticides depuis la naissance de son fils, soupire : « Au petit-déjeuner, au dîner, on se démène pour qu’il mange bio. Mais à la cantine, pas le choix ! » Parce qu’on redoute les effets des pesticides sur nos enfants, parce qu’on veut qu’ils apprennent le goût des fruits, la question des produits estampillés agriculture biologique dans les menus scolaire est de plus en plus pressante. Selon une étude d’Agir pour l’environnement*, que nous révélons, 86 % des parents réclament qu’au moins 20 % des aliments servis dans les écoles soient bio.

Les produits laitiers en première ligne

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*Part des établissements scolaires qui déclarent acheter des produits bio, au moins en partie, pour chaque catégorie d’aliments.

Surtout pour les petites classes. « C’est notamment le cas dans les plus petites classes, parce que les parents de jeunes enfants se préoccupent beaucoup d’éducation au goût », indique Liliana Moyano, la présidente de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves). Or les cuistots passés au bio mitonnent des riz semi-complets aux saveurs plus fortes et peu connues des jeunes papilles. De la part des familles, la demande de fruits et légumes cultivés sans pesticides, de viande de boeufs qui ne seraient pas nourris au soja OGM brésilien est en hausse depuis une dizaine d’années. Et réclamer une garantie bio n’est pas une lubie de bobo. D’après le sondage d’Agir pour l’environnement, 84 % des ouvriers sont pro-étiquette AB dans les réfectoires, à peine moins que les cadres supérieurs (85 %). On estime qu’aujourd’hui seulement 3 % des plateaux de nos enfants sont bio. « Nous réclamons 20 % de bio dans les assiettes. C’est très raisonnable ! » insiste Liliana Moyano.

Les agriculteurs verts assez nombreux. Vingt pour cent de produits estampillés bio, c’était la proposition de loi de la députée Brigitte Allain (EELV), retoquée par le conseil constitutionnel en janvier. Un seuil réaliste pour la filière bio. « Le nombre de producteurs bio est désormais suffisamment important pour fournir toutes les cantines scolaires. Les filières sont structurées et les agriculteurs n’attendent plus que les commandes », affirme Jean-Paul Gabillard, secrétaire de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab). Le candidat Macron a, lui, garanti 50 % de bio ou de produits durables d’ici à 2022 dans la restauration collective. « Il parlait alors d’aliments bios, affichant un label écologique ou produits localement. Il faut des précisions. En l’état, une école pourrait donc se fournir auprès de grandes cultures bourrées de pesticides à condition qu’elles soient situées à proximité », s’inquiète Mathias Chaplain, d’Agir pour l’environnement.

 

Et dans ma ville ? A compter d’aujourd’hui, on peut sur le site Macantine.bio vérifier si l’école ou la future école de ses enfants sert des ratatouilles sans pesticides. Il suffit d’entrer son code postal. Cette campagne à l’initiative d’Agir pour l’environnement, de la Ligue pour l’enseignement, de la FCPE et de la Fnab permet en un clic d’envoyer automatiquement une lettre au gestionnaire de la cantine (mairie, conseiller départemental, directeur d’école …). Cinquante mille écoles sont déjà référencées. Au fur et à mesure, le site affichera les réponses des établissements. Une façon d’afficher au tableau d’honneur les bons élèves et de pointer du doigt les cancres.

 

* Enquête Ifop, pour Agir pour l’environnement, menée auprès d’un échantillon de 1 030 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

A Saint-Etienne, fini les tomates en février

 - DR

 

Saint-Étienne (Loire) est la seule ville de plus de 100 000 habitants à proposer des menus à 80 % bio dans ses réfectoires. Le goût est excellent, promet-on dans les écoles stéphanoises. « Manger bio est également important pour la santé des enfants, souligne Sylvie Jacquier, nutritionniste et membre du réseau les Pieds dans le plat. Il faut savoir que les légumes bio comptent 60 % d’antioxydants en plus que les légumes classiques, or ces nutriments permettent de lutter contre le vieillissement et les risques de maladies comme le cancer.» Autre avantage, dans les crèches, les maternelles et les élémentaires de Saint-Etienne, les petits se familiarisent avec la saisonnalité des fruits et légumes. « Plus question de servir des tomates en février, continue la spécialiste. Cela correspond aussi aux besoins nutritionnels des enfants qui consommeront alors des racines qui tiennent au corps (rutabaga, céleri…) plutôt que des courgettes pleines d’eau quand le thermomètre plonge.»

 

Pas de surcoût

 

Et le prix de ces menus écolo? Chacun des repas des petits Stéphanois coûte 5 € à la collectivité et est facturé entre 1,05 € et 4,80 € aux parents selon le quotient familial. « Avec 3 000 repas par jour, la cuisine centrale de la ville a pu faire des économies d’échelle et maîtriser ses coûts. Il n’y a aucun surcoût par rapport aux menus non bio de la période précédente », se félicite Gaël Perdriau, le maire LR de la ville.

 

Seul écueil, tous les aliments ne peuvent pas être proposés en bio. Il est ainsi à peu près impossible de trouver du poisson bio. Les enfants de Saint-Etienne mangent tout de même leur ration de produits de la mer mais ceux-ci ne sont pas estampillés AB. « C’est une question de bon sens » explique le maire. En fait de bon sens, la ville avait d’abord fait le choix du tout bio dans ses cantines en 2014 et s’était retrouvée contrainte d’importer de la viande de Hongrie ou des lentilles de Chine, par exemple. « Le système a montré ses limites, concède l’élu. D’une part on peut s’interroger sur la certification dans ces pays. D’autre part le bilan carbone des aliments qui font le tour du monde pour arriver dans nos réfectoires est catastrophique. » La ville a donc revu sa copie pour favoriser les circuits courts.

Source : Le Parisien

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