Encore trop peu de produits locaux et bio dans nos cantines

Organisé par la Frab (Fédération régionale des agriculteurs biologiques), un colloque s’est tenu jeudi dernier, à Vannes, sur le thème du « bio et local à la cantine ; ils l’ont fait, pourquoi pas vous ? ». La part du bio dans la restauration collective n’est encore que de 3 % en France, bien loin de l’objectif de 20 % en 2022. Les circuits courts restent l’exception pour s’approvisionner. Au grand dam de Joël Labbé, le sénateur écologiste du Morbihan, qui participait à la table ronde du matin : « En 2030, il faudrait que l’essentiel de l’alimentation consommée sur un territoire soit produite sur ce territoire. Certains disent que c’est une utopie. En fait, c’est une nécessité ». Et Jean-Paul Gabillard, maraîcher bio près de Rennes, d’ajouter : « Il faut aussi que les animaux mangent des aliments produits sur le territoire et non pas importés ». Plusieurs initiatives locales ont été mises en avant, comme le Projet alimentaire territorial du Finistère, qui a été labellisé en 2017. Il vise à favoriser la consommation de produits de qualité par l’ensemble de la population, à commencer par les collégiens, dont Département a la charge. Dans le pays de Vannes, un Défi cuisine a été lancé pour accompagner, pendant un an, quatre restaurants collectifs sur cette voie.

Source: Le Télégramme

Une cantine locavore et bio, c’est l’objectif de Crepy en Valois

Crépy, Beauvais ou des villages du Compiégnois souhaitent des produits AB au menu de leur restauration scolaire. Des circuits-courts accompagnent cette volonté politique.

Première de la classe : la cantine de Crépy-en-Valois. La cuisine centrale, qui prépare 800 à 900 repas par jour, a misé sur le bio dès 2013. Aujourd’hui, les plats servis aux écoliers du primaire comptent de 20 à 30 % de produits issus de l’agriculture biologique (AB). Carottes râpées et chou rouge, riz pilaf et purée de légumes, fromage blanc et pomme – le tout estampillé AB – sont ainsi au menu de cette première semaine de décembre.

Et comble du bon élève : ses achats sont parfois opérés en circuits courts. Ainsi ce service municipal s’approvisionne-t-il pour partie auprès d’une plateforme régionale, Bio d’ici d’abord, dont le siège est à Amiens.

«  Aujourd’hui, le marché des produits bio est clairement tiré par les Villes, observe Ludovic Pradel, unique salarié de cette structure de distribution. Et si la demande vient des cantines scolaires des communes, c’est peut-être parce qu’il est plus facile pour les familles de solliciter leur maire que leur conseiller départemental ou régional.  »

Un agriculteur fonctionnaire comme à Mouans-Sartoux  ?

De fait, même des communes qui ont concédé leur service de restauration à des opérateurs privés tentent l’expérience. Ainsi un quatuor villageois, près de Compiègne,- Le Meux, Armancourt, Jaux et Jonquières – l’a exigé dans son dernier appel d’offres.

«  Depuis la rentrée, les enfants, environ 250, ont un fromage et un fruit ou un dessert lacté bio, chaque jour  », note Michel Jeannerot, maire de Jaux. «  Nous avons changé de prestataire à cette occasion : Dupont, implanté dans le Pas-de-Calais, a été le mieux disant. Sans hausse de tarif. »

Mais ce maire de noter qu’il ignore la provenance de ces aliments AB. «  Peut-on envisager du bio local ? Sans doute un jour. Il faut aller step by step. Autour de nous, il y a du blé, du maïs, peu de maraîchage. Faut-il envisager de créer une régie municipale pour produire nos légumes, comme à Ungesheim ?  », s’interroge à voix haute Michel Jeannerot. Une question saisie à la sortie de Qu’est-ce qu’on attend ?, un documentaire sur la transition écologique conduite par ce village alsacien.

«  Les communes en recherche de comestibles de proximité peuvent recruter un agriculteur fonctionnaire comme à Mouans-Sartoux, dans les Alpes-Maritimes  », relaie Sophie Rosblack, chargée du dossier restauration scolaire au sein de l’association Agriculture biologique en Picardie (ABP). Ou faciliter la création d’une association d’insertion du type les Jardins de Cocagne ou appeler de leurs vœux l’installation d’agriculteurs bio, comme à Beauvais, ou encore la conversion d’exploitants conventionnels.

Plus de terres en conversion

«  Il n’y a pas de modèle économique type à privilégier  », assure Nadou Masson, présidente d’ABP. «  Le marché existe. Il peut y avoir des freins à la conversion chez les agriculteurs. Mais pas celui des débouchés. » Elle-même à la tête, avec son mari, d’une exploitation agricole de 260 ha dans le Sud de l’Oise, a fait muter une centaine d’hectares. «  Nous serons à 115 ha cultivés en bio l’année prochaine.  »

En Picardie, les surfaces agricoles en conversion ont bondi de 53 % entre 2014 et 2015. Avec un marché du bio qui a connu une croissance à deux chiffres de 14, 7 % au cours de cette période. Une croissance confirmée en 2016.

«  Il y a huit ans quand on parlait bio aux agriculteurs, limite, on les insultait  », observait Éric Bertrand, vice-président de l’Agglo de Compiègne, qui accueillait la semaine dernière le forum d’ABP. «  Aujourd’hui, ils sont plus ouverts, mais ils nous disent : pouvez-vous nous garantir nos revenus ?  »

Oise : après les collégiens, les lycéens vont eux aussi manger local à la cantine

Il y aura bientôt davantage de produits locaux dans les assiettes des lycéens. C’est en tout cas l’ambition du conseil régional, qui vient d’annoncer un plan visant à développer l’approvisionnement local dans les cantines des établissements des Hauts-de-France, dont les 16 lycées publics de l’Oise. La région se donne jusqu’à 2021 pour que soient proposés au moins 70 % de viande, de produits laitiers, de fruits et de légumes produits et transformés localement. Le bio devrait également représenter 10 % de ce que les élèves trouveront dans leurs plats. Une manière aussi de soutenir les producteurs du département. Le coût du dispositif n’a pas été divulgué.

« Plusieurs dizaines de lycées des Hauts-de-France sont déjà engagés dans une démarche partenariale avec les producteurs, selon Manoëlle Martin (LR), vice-présidente de la région chargée des lycées. Nous voulons aller plus loin en les appuyant financièrement et de manière logistique (des formations pour les cuisiniers, NDLR), en travaillant en parallèle avec la filière agricole pour structurer les approvisionnements. »

Une démarche déjà initiée chez les collégiens. Une convention a notamment été signée le 13 septembre dernier entre le conseil départemental, l’Education nationale et la chambre d’agriculture afin de développer les circuits courts dans les 66 collèges de l’Oise. Jusqu’à présent, seuls 19 de ces établissements ont adhéré au projet. Seize autres se sont portés volontaires.

Source:  leparisien.fr