Cantine bio

Malle virtuelle « De mon assiette à la planète »

La Malle virtuelle « De mon assiette à la planète » recense toute une série d’outils pédagogiques pour aider les enseignants et animateurs à sensibiliser les jeunes à l’alimentation durable!
Plein de chouettes découvertes assurées!

L’alimentation nous concerne tous ! Chaque jour, nous nous nourrissons afin de fournir à notre corps le « carburant » nécessaire à son bon fonctionnement. Mais l’alimentation, c’est bien plus que le fait de manger ! En effet, ce sont aussi des habitudes et des traditions familiales et culturelles, des choix liés à la disponibilité des aliments, à son budget et au temps dont on dispose. L’alimentation c’est également de nombreux acteurs dans la production, la transformation et la distribution des aliments, ce sont des ressources naturelles (sur)exploitées, des déchets produits et, plus globalement, des enjeux et impacts environnementaux, sociaux et économiques.

Dès lors, la thématique de l’alimentation nous invite à élargir notre champ de vision et à explorer toute sa complexité. En matière d’éducation, l’approche systémique convient particulièrement. Une approche qui propose d’analyser les liens, les interactions entre les divers éléments d’un système. Ici, l’alimentation.

C’est l’objectif de cette malle d’outils pédagogiques virtuels. Des ingrédients variés pour questionner notre assiette, aider à la compréhension de ses multiples origines et destins et tendre vers une mise en action ! Pour une alimentation plus saine, plus respectueuse des hommes, des animaux et des plantes sur toute la Planète !

 

 

Cantine bio

Morlaix. La chasse au gaspillage en cantine est ouverte !

Assiettes « petites faims », fruits en tranches… Les six écoles publiques de Morlaix sont engagées dans un plan de réduction des déchets alimentaires. Objectif : une baisse de 30 %.

Dans quelle démarche est engagée la municipalité ?

« Depuis la rentrée 2016, les collectivités ont l’obligation de lutter contre le gaspillage alimentaire au sein des services de restauration collective dont elles assurent la gestion », rappelle Nicolas Ulrich, chargé de mission prévention des déchets à Morlaix Communauté.

Mercredi, lors d’un rassemblement de l’Association nationale de la restauration territoriale (Agores) à Ploujean, il a présenté le projet mené à Morlaix.

Les six cantines municipales sont intégrées à un plan volontariste pour diminuer le volume des poubelles. La Ville est accompagnée par Morlaix communauté, le laboratoire Labocea et l’Ulamir.

Quel est le constat de départ ?

Une première phase a été consacrée à l’état des lieux. Observation du fonctionnement des services, enquête auprès des parents et des enfants.

Et, surtout, des pesées « pendant trois semaines, après chaque service ».

Constat : entre les repas non servis et les assiettes non terminées, le coût annuel du gaspillage alimentaire pour les six écoles publiques est estimé à 150 300 €, soit 19 600 plateaux-repas qui partent à la poubelle.

Qu’est-ce qui est mis en place pour y remédier ?

Pour parvenir à l’objectif de 30 % de réduction des déchets, un plan d’action est actuellement déployé. À commencer par un système de réservation plus performant. Des petites assiettes ont aussi fait leur apparition aux côtés des grandes, invitant les enfants à décider s’ils ont une « petite » ou « grosse » faim, pour les entrées notamment.

Les bouteilles d’eau sont devenues des carafes, et la vinaigrette est désormais en libre-service, dans des gourdes.

Autre nouveauté qui allie santé et diminution des poubelles : « Les fruits sont servis tranchés, épluchés ou pressés, décrit Sophie Gallou, responsable de la cuisine centrale. Ça marche très bien. »

Le « rab » n’est accordé qu’en cas d’assiette vide, et le cadre des cantines est amélioré. Enfin, dans les selfs, le pain n’est plus en début mais en fin de rang. 1 160 baguettes étaient gaspillées tous les ans jusque-là. À la fin de l’année scolaire, un bilan sera réalisé.

Comment associer les enfants ?

D’abord, en les confrontant à leurs déchets. Ils sont invités à trier et vider leurs plateaux. « C’est très bon pour les sensibiliser, car ça leur permet de se rendre compte de ce qu’il reste », continue Sophie Gallou.

L’Ulamir accompagne aussi les enfants lors des temps d’activités périscolaires. « Une école a choisi d’enregistrer un CD de chansons sur le gaspillage, une autre a créé un livre de recettes », décrit Orélie Rosec, animatrice.

Combien ça coûte ?

Le coût total, dans les six cantines, est de 11 700 €. Mais, comme l’explique la responsable de la cuisine centrale, « on estime que pour un euro investi, quatre sont économisés ». Qui pourront être réinjectés dans le « bio et le local », relève Nicolas Ulrich.

Cantine bio

Nanterre lance la chasse au gaspillage dans les cantines scolaires

La chasse est ouverte à Nanterre. Dans le viseur de la ville : le gaspillage alimentaire observé dans les cantines des écoles et des centres de loisirs. Selon une étude réalisée au printemps dernier dans trois établissements, plus de 89 t de nourriture finiraient chaque année au fond de la poubelle. Conséquence : dès la rentrée des vacances de février, les menus des cantines scolaires de Nanterre comprendront quatre et non plus cinq composantes. Soit entrée, plat, garniture, et, désormais, soit laitage, soit dessert. Et non plus les deux.

« C’est en instaurant des visites régulières dans les cantines que nous avons fait le constat de cet énorme gâchis, relève Rossana Morain, adjointe au maire en charge de la petite enfance, de la restauration et des services communaux. On s’est alors dit qu’il était temps d’agir pour mettre un terme à cette gabegie insupportable. »

« On s’est aperçu que 90 g par repas et par enfant étaient jetés »

Une étude est alors menée, entre mai et juin, auprès de 1 066 convives dans trois écoles tests (Jules-Ferry, Henri-Wallon et France-Bloch). « Au terme de cette étude, on s’est aperçu que 90 g par repas et par enfant étaient jetés. Rapportés aux 32 cantines de la ville et aux 9 400 repas quotidiens élaborés par la cuisine centrale, ces déchets résiduels finissent par représenter une quantité impressionnante de déchets alimentaires. »

Jusqu’alors, chaque enfant scolarisé à Nanterre recevait 500 g de nourriture par repas. « C’est beaucoup plus que la moyenne nationale qui est de 300 g pour des enfants de 6-11 ans, observe Rossana Morain. On a donc décidé de couper la poire en deux et de passer à 420 g de nourriture par enfant et par repas. » Le passage à quatre composantes alimentaires pour l’élaboration des menus devrait permettre de réduire les déchets de 10 % et d’économiser au passage près de 400 000 € par an. La moitié de cette somme devrait être réaffectée à l’achat de produits bio ou issus de circuits courts, via la démarche d’achat développement durable

 Source : leparisien.fr

Zéro déchet

Les écoliers trient les déchets alimentaires à la cantine

Les élèves de l’école de Puech Auriol expérimentent depuis quelques mois le compostage des déchets alimentaires. Un projet «pilote», qui réunit plusieurs acteurs, initiée par la directrice Estelle Rattaire et les trois autres enseignantes de l’école qui ont pour objectif une labélisation Eco-Ecole. «On voulait mettre en place un parcours citoyen de nos 85 élèves et assurer une continuité avec le collège de secteur Jean-Jaurès qui a le label éco-collège», explique Estelle Rattaire. La réflexion des enseignantes s’est tournée autour de la gestion des déchets et la solidarité. «On a donc travaillé sur la limitation de tous les déchets et la mise en place d’un conseil d’élèves, avec des délégués élus par leurs pairs, qui donne son avis sur l’organisation de la vie de l’école», continue la directrice. Et si la gestion des déchets papier, carton ou métal était déjà dans les habitudes de l’école, celle des déchets alimentaires était plus compliquée à mettre en place. Car cela demandait un investissement de tous les acteurs de l’école et notamment le personnel municipal qui gère la cantine. «On ne voulait pas que le projet se limite au temps scolaire mais que cela soit un projet global et cohérent», continue l’enseignante qui s’est alors tournée vers la mairie qui a sauté sur l’occasion.

Les enfants deviennent des ambassadeurs du tri

«On réfléchissait déjà à la façon de limiter le gaspillage alimentaire dans les cantines avec le service de restauration scolaire qui établit les menus, explique Michèle Gaillard, adjointe au maire chargée de l’Éducation qui avait déjà lancé l’an dernier l’opération «Moins de gaspillage, plus de coloriages», primé par le prix Territoria (voir notre édition du 22 novembre 2016), pour inciter les écoliers à faire des économies d’énergie. Car cela nécessite la mise en place d’un protocole bien précis avec le personnel pour respecter la sécurité alimentaire et l’hygiène». La Communauté d’agglomération Castres-Mazamet, qui a mis en place un programme local de prévention des déchets (soutenu par l’ADEME) incluant une action sur le compostage individuel et collectif, est rentrée dans le projet en fournissant les composteurs et en intervenant dans les classes pour expliquer le fonctionnement et ce qui peut être trié. Toute l’école (enseignants, élèves, personnel de cantine, personnel intervenant lors des nouvelles activités périscolaires) a été sensibilisée à la gestion des déchets alimentaires. À la cantine des «bio seaux» sont à disposition des élèves, sous la surveillance des adultes, pour y mettre les déchets. Après chaque repas, deux élèves de CM1-CM2 ont pour mission, à tour de rôle, d’amener ces sceaux au composteur installé dans la cour de l’école.

Et le projet va plus loin car un jardin-potager a été créé au sein de l’école et à terme, c’est-à-dire au printemps 2018, le compost, enfin transformé, sera utilisé comme engrais pour faire pousser fleurs, légumes et fruits. Cette année, des élèves de l’école maternelle et de CP ont été accueillis par les jardiniers de la serre municipale et chacun a pu repartir avec une petite plante.

Un projet au long cours qui a pour objectif de faire des enfants d’aujourd’hui de futurs adultes respectueux de l’environnement, responsables et citoyens. «On a fait une cérémonie un peu solennelle lors de l’installation des composteurs pour donner une dimension différente au projet. L’objectif est que cela sorte de l’école. Que les enfants acquièrent les bons gestes, indique Violaine Glazman, enseignante des CM1-CM2 qui a travaillé en classe sur le traitement des déchets. On sait que des familles ont demandé des composteurs chez eux depuis». «Les enfants sont de bons messagers», ajoute Michèle Galissard ravie.

Les enfants ont pris le pli du tri

Les enfants participent activement et avec enthousiasme à ce projet. «Cela me plaît de faire ça», indique Benjamin 10 ans. Et sa camarade de classe Montaine, 10 ans, de lister les déchets qu’elle peut mettre au composteur : «On le fait à la maison depuis longtemps, je connaissais un peu». «Cela va permettre aux autres classes de faire pousser des plantes», continue Noah qui a bien compris l’intérêt du compost.

Source : http://www.ladepeche.fr/

Tinlot, école communale. Campagne de sensibilisation au gaspillage alimentaire

Ce 12 janvier, lancement officiel de notre «Campagne de sensibilisation au gaspillage alimentaire dans les cantines scolaires». Cette campagne est programmée sur l’ensemble de l’année 2017.

Pour rappel, en sus de notre service de repas dans les écoles primaires (service lancé le 25/10/2016), nous formons et encadrons les volontaires présents dans les écoles partenaires (l’école communale de Tinlot et l’école Saint Joseph d’Ouffet). Ils réaliseront le service et les animations dans les cantines autour du gaspillage et d’une alimentation saine.

Durant les premières semaines, notre animatrice réalise le service des repas avec eux, en utilisant des ustensiles adaptés aux quantités à servir aux enfants en fonction de leur âge. En effet, les besoins alimentaires ne sont pas les mêmes en fonction de l’âge de l’enfant.
A la fin du repas, les enfants effectuent eux-mêmes le tri de leurs restes alimentaires, quand il y en a, prenant conscience de la chaîne de production alimentaire. Les enfants auront également l’occasion de rencontrer régulièrement les producteurs partenaires, visiter notre espace test maraîcher et notre cuisine de production.

Pour le lancement officiel de cette campagne, le moment est venu de faire une première analyse et nos chiffres sont d’ores et déjà plus qu’encourageants.

Ce n’est pas un phénomène nouveau, chaque jour, des quantités énormes de nourriture sont jetées à la poubelle; en moyenne 30 % dans les cantines traditionnelles. Sur les quelques 708 repas servis en novembre et décembre 2016, nous obtenons une moyenne de 15% de déchets (112 repas) soit 10.68 % en maternelle et 17.92 % en primaire.

De bons produits, la diversité des légumes, une jolie présentation dans l’assiette, une émulation collective, toutes ces pistes portent leurs fruits.
La réduction du gaspillage alimentaire passe par la responsabilisation des enfants par rapport à leur nourriture. Jeter les aliments en grande quantité ne sera progressivement plus un acte banal.
Ces gestes peuvent aussi devenir un outil de prévention utile lors de la consommation à domicile.
(A.Deliège)

zéro déchet

Solutions contre le gaspillage alimentaire à la cantine

Le gaspillage alimentaire augmente. Chez nous, il trouve son origine, surtout en aval de la chaîne alimentaire, après la transformation des produits alimentaires y compris dans la restauration collective et tout particulièrement dans la restauration scolaire. Aujourd’hui en France, 150.000 tonnes de produits alimentaires y sont gaspillés – 30 à 40 % des aliments traités en cantine scolaire finissent à la poubelle.

Bouder fruits, légumes ou poissons, prendre plus de pain que nécessaire est courant pour les enfants à l’école. Or gaspiller une tranche de pain a le même impact que de laisser une lampe de 60 Watts allumée pendant deux heures, en termes de consommation d’énergie. Tous les jours des tonnes d’aliments partent à la poubelle, dont une partie sans avoir été ouverts, alors qu’ils sont comestibles. Ce gaspillage peut être évité.

Dans un collège près de Lyon : une initiative ambitieuse menée par le chef cuisinier

Face à ce phénomène, plusieurs cantines et restaurateurs scolaires se sont mobilisés pour réduire la quantité de déchets alimentaires. C’est tout particulièrement le cas au collège Jacques Prévert, près de Lyon, où la réussite des actions mises en place est exemplaire : une moyenne de seulement 9 grammes de déchets par élève par repas alors que la moyenne nationale est aujourd’hui de 150 grammes.

Pour y parvenir, le chef de ce self, Monsieur Demarets, a travaillé avec le service de restauration à une nouvelle organisation. Entrées, plats et déserts sont repartis dans différents stands au sein de la cantine. Les élèves se servent selon leur faim et doivent avoir fini leur entrée pour prendre le plat principal : « on finit puis on a le droit d’aller se resservir » explique Martin, collégien.

Lors du dépôt des plateaux, deux poubelles ont été installées : l’une pour les déchets alimentaires, l’autre pour les emballages. Enfin, les élèves peuvent faire des suggestions au chef cuisinier pour améliorer le repas.

Cantine et gaspi alimentaire : de multiples autres initiatives

Les initiatives se multiplient pour lutter contre le gaspillage. Brigade « éco-déléguée » qui sensibilise et veille à ce que les élèves finissent leurs assiettes, enquête menée par les élèves avec photos, interviews et autres documents pour trouver des solutions afin de réduire le gaspillage alimentaire…

Le « gâchimètre » de la cantine des Provinces

Au collège des Provinces à Blois, un « gâchimètre » a été installé par les élèves : un tube transparent où le pain non mangé est jeté. On pèse le pain chaque semaine et si le poids diminue la différence est donnée à des associations caritatives sous forme de repas. Cela a permis de réduire de 20 à 30 % la quantité de pain gaspillé. Aussi, le pain a été déplacé à la fin du self. « De cette manière, les collégiens après avoir rempli leur plateau, adaptent mieux leur consommation en pain, en fonction du menu du jour », explique le syndicat mixte Val-Eco à l’origine de cette initiative.

Ce sont aussi, des panneaux installés où l’on peut voir l’équivalent des quantités gaspillées en volume d’eau ou en console de jeu. Ailleurs, l’attention est portée au temps que les élèves ont pour manger avec un minimum de 20 minutes à table.

L’ensemble de ces initiatives permet bien sûr de réduire le gaspillage en cantine, mais aussi de responsabiliser les enfants par rapport à leur nourriture. Jeter les aliments en grande quantité n´est progressivement plus un acte banal.

Source : http://www.consoglobe.com/ Article de Camille Tourneboeuf

Chauvigny :Une semaine pour diminuer les déchets à la cantine

Nems, hachis parmentier, part de brie et poire ingurgités, c’est l’effervescence, ce mardi dans la cantine de l’école Jean-Arnault, dont les 95 élèves du deuxième service attendent… la pesée. « Dans le cadre de la semaine européenne de réduction des déchets (1), nous pesons chaque jour jusqu’à vendredi, les restes alimentaires, confie Jean-François Verret, responsable de la cuisine centrale pour le compte de la société Restoria. C’est un vrai challenge pour les enfants. » Une constatation très vite confirmée par des cris de joie après que la balance ait affiché 2 kg tout juste. « Les élèves du premier service avaient eux généré 2,6 kg de restes alimentaires, c’est la compétition… »

20 kg de déchets équivalent à 133 pommes

Une semaine dédiée à la sensibilisation des plus jeunes au gaspillage alimentaire. « D’abord par une opération de tri des déchets à la fin de chaque repas, puis avec cette fameuse pesée quotidienne et enfin à l’issue de la semaine, par un bilan global qu’il leur est possible de mieux appréhender grâce à notre tableau d’équivalence poids déchets. » Une affichette très ludique qui indique par exemple que 20 kg de déchets équivalent à 133 pommes ou encore 50 kg à 6.250 carambars®. « En amont, nous travaillons, toutefois, toute l’année à cet effort de réduction des déchets dans les cantines scolaires, reprend Jean-François Verret, notamment via le choix des produits. Nous évitons ainsi le plus possible les emballages individuels ou les boîtes de conserves qui ne représentent aujourd’hui plus que 5 % de nos déchets annuels. »
Et pour la première année, c’est avec le Simer que les écoles de La Varenne (anciennement Louise Michel) et de Villeneuve ont-elles participé à cette semaine de réduction des déchets. « En effet, le Simer intervient à la fois dans le cadre d’animations scolaires, mais aussi sur des temps périscolaires pour des interventions et animations sur la sensibilisation au tri, au recyclage, au compostage ou encore à l’anti-gaspillage, rappelle Catherine Marignan, vice-présidente du syndicat. Les enfants sont toujours plus faciles à sensibiliser que les adultes. »

(1) L’édition 2016 de la Semaine européenne de réduction des déchets avait lieu du 19 au 27 novembre, maismise en place dans les écoles chauvinoises seulement cette semaine pour des raisons de logistique.

Source :http://www.lanouvellerepublique.fr/ Delphine Léger

Un plan de lutte contre le gaspillage dans les cantines scolaires sera lancé en 2017

Choix des menus à l’avance grâce à une application sur smartphone, système de «doggy bag» pour emporter son dessert et le manger au goûter… Les idées d’Arash Derambarsh, élu de Courbevoie (LR), pour lutter contre le gaspillage alimentaire dans les cantines scolaires ne manquent pas. Le conseiller municipal s’est rendu vendredi au lycée Paul Lapie de Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, afin de présenter aux professionnels de la restauration scolaire et aux élèves les pistes qu’il proposera ensuite à la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.

L’enjeu est énorme: on estime que 20 à 40% du budget denrée d’un établissement scolaire part à la poubelle. «Un lycée comme celui de Paul Lapie, qui compte 1400 élèves, génère environ 25 tonnes de déchets par an. En Ile-de-France, le gaspillage alimentaire coûte chaque année près de 19 millions d’euros à la région: il est plus que temps d’agir», déclare Arash Derambarsh, à l’origine d’une loi contre le gaspillage qui a été votée le 3 février 2016.

Différentes propositions pour répondre à une urgence

Arash Derambarsh avec Nicolas Duval et Victor Marostegan, fondateurs de la start-up Takeaways, et M. Le Cor (proviseur du lycée Paul Lapie)

«J’avais pensé à une application pour smartphone sur laquelle vous recevrez, une semaine avant, les menus proposés pour la semaine suivante», explique Arash Derambarsh aux élèves d’une classe de seconde. «Vous pourrez ensuite choisir le menu que vous préférez, ou signaler si vous êtes absents». L’objectif est double: empêcher de jeter à la poubelle des aliments non consommés, et permettre au chef de la restauration scolaire d’avoir une meilleure idée du nombre d’élèves qui déjeuneront à la cantine.

«J’avais aussi pensé à un système de «doggy bag» pour que vous puissiez emporter votre dessert et le manger lors du goûter», ajoute l’élu courbevoisien. «Des associations locales pourront également venir récupérer les restes de produits frais à chaque fin de service pour les redistribuer aux personnes qui ont faim.»

Si les mesures proposées rencontrent un certain succès auprès des élèves, quelques objections surviennent: «Si vous nous proposez de choisir notre menu, on va toujours manger la même chose», réplique un élève de seconde. Les choix des élèves pourraient par ailleurs ne pas toujours être conformes aux normes GEMR-CN (Groupement d’Etude de Marchés en Restauration Collective et de Nutrition), qui visent à garantir la qualité nutritionnelle des repas servis. De même, le chef du restaurant scolaire trouve que le «doggy bag» est une bonne idée, mais que son fonctionnement reste à étudier: «Cela ne peut fonctionner que pour des produits secs, comme les fruits ou les gâteaux toujours emballés. En revanche, ce ne sera pas possible pour les produits frais, le risque sanitaire est immense.»

Quelle que soit la solution choisie, l’élu courbevoisien et les personnels de restauration insistent sur la nécessité de responsabiliser les élèves: «il faut qu’ils prennent conscience des quantités gaspillées». Car si les plats chauds servis à la cantine sont presque tous entièrement consommés, beaucoup d’aliments reviennent intacts ou à peine entamés. «Il y a avait du pain, alors j’en ai pris par habitude», admet un garçon. «J’ai commencé par le plat, du coup je n’avais plus faim pour l’entrée», ajoute un autre élève. Les élèves dénoncent également un manque de temps pour déjeuner: «il y a beaucoup de monde à la cantine et on n’avait plus le temps pour finir, alors on a laissé», expliquent-ils. Dans son combat contre le gaspillage, Arash Derambarsh a du pain sur la planche.

La restauration collective innove avec les « cantines rebelles »

Les Victoires des cantines rebelles 2016, c’était une première en France. Le service de restauration scolaire 100 % bio de Mouans-Sartoux au nord de Cannes y a obtenu un prix dans la catégorie « ambition pédagogique ». Dix prix ont été décernés pour trente nominés, par l’association Un plus bio, à Paris le 10 novembre.

La remise des Victoires des cantines rebelles à Paris, le 10 novembre.

Innover en restauration collective

Après la parution du manifeste Quand les cantines se rebellent et la campagne Fais bouger ta cantine !, l’association souhaite transformer l’essai et mettre en avant les hommes et les femmes qui développent des politiques alimentaires innovantes en restauration collective : plus de bio, plus de local de qualité, plus de cuisine vivante, plus d’éducation au goût, plus de saisonnalité, plus de responsabilité dans les achats, plus d’inventions pour s’adapter à un paysage en mouvement.

Mais la commune de Mouans-Sartoux ne s’arrête pas là. Juste après avoir été récompensée pour son ambition pédagogique, la commune a été la première ville française à signer l’appel de Marrakech Pas de transition sans éducation. « Ce sont les nouvelles générations qui réussiront, donnons leur les clés pour y arriver », explique Gilles Pérole, adjoint au maire.

L’école du Hamelet lutte contre le gaspillage alimentaire

En association avec la régie des 2 airelles et l’Agglo, l’école primaire du Hamelet, à Louviers, a décidé de mener une expérience contre le gaspillage alimentaire à la cantine.

 

Quatre jours par semaine, le restaurant scolaire de l’école du Hamelet, à Louviers, accueille 80 enfants en deux services. Menu du jour, ce jeudi : taboulé, nuggets-brocolis, petit Suisse, Donuts ou Paris Brest, et une tranche de pain. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les brocolis restent bien souvent dans le fond de l’assiette !
Jusqu’à présent, ce qui n’était pas mangé prenait la direction de la poubelle. Mais depuis lundi et durant toute la semaine, ce sont dans des seaux de 5 litres que les enfants mettent tout ce qu’ils ne veulent pas. La régie des 2 airelles, qui approvisionne 16 sites par jour (dont cette école) a décidé de lutter contre le gaspillage alimentaire. « Nous adhérons à l’association nationale des directeurs de restaurants municipaux qui souhaitait mettre en place une action contre le gaspillage et la lutte contre les déchets. Au niveau de la régie, nous menons déjà des actions (comme donner les épluchures de légumes à la ferme des Groseilliers, à Surtauville, qui élève des poulets et des pintades). Cette fois-ci, nous voulions faire quelque chose avec les enfants, en association avec l’Agglo » explique Olivier Le Bars, directeur de la régie. L’école du Hamelet s’est portée volontaire.

 

25 repas entiers sur 100 sont jetés

L’action se fait en trois temps. Pendant une semaine donc, les enfants ont jeté dans les seaux ce qu’ils ne mangeaient pas. « Visuellement, cela les aide à prendre conscience de tout ce qu’ils jettent et du gaspillage que cela génère » précise Maggy Muller, qualiticienne à la Régie. A la fin de chaque service, les seaux sont pesés. Et le résultat est sans appel. Sur 12,7 kg de marchandises, 3,4 kg sont jetés. « Cela représente 25% et c’est ce que nous constatons généralement dans cette cantine. Sur 100 plateaux, 25 repas entiers se retrouvent à la poubelle. Chaque année, sur 170 000 couverts servis sur les 16 sites, 1 750 repas sont jetés » calcule Oliver Le Bars.
Pour inverser cette tendance, Maggy Muller mettra en place des actions de sensibilisation pendant 3 semaines. De son côté, Béatrice, responsable des activités périscolaires au Hamelet, confectionne avec les enfants des affiches sur le gaspillage, des mobiles avec des produits recyclables… Puis, les seaux seront à nouveau pesés durant une semaine. Une méthode efficace pour voir si la sensibilisation au gaspillage a porté ses fruits.