1pas1don avec la fondation Ramsay

Dans les Alpes-Maritimes, la cantine bio qui a convaincu les enfants

Alors que le gouvernement prépare une loi pour introduire, dans les menus de cantines, 50% de bio et de local d’ici 2022, le restaurant scolaire de l’école Aimé Legall, à Mouans Sartoux, est 100% bio depuis 5 ans. Avec de vrais cuisiniers pour faire un millier de repas par jour, sans ruiner les parents.

A Mouans Sartoux, à l’heure du repas, dans le brouhaha de la cantine de l’école Aimé LeGall, on entend de drôles de choses. Comme cette fillette, qui explique :

J’aime les épinards : tu manges, et ta langue elle te donne des goûts

A Mouans Sartoux, le plateau repas du jour
A Mouans Sartoux, le plateau repas du jour © Radio France / Béatrice Dugué

Depuis cinq ans, la cantine propose des repas 100% bio, quitte à cuisiner, parfois, 42 kg de blettes pour le gratin du jour.

Le plateau du jour...rendu vide
Le plateau du jour…rendu vide © Radio France / Béatrice Dugué

Michelle, cantinière depuis de longues années, confirme : « On jette dix fois moins, avant je me souviens c’était une horreur! »

Gilles Pérole, adjoint au maire, artisan de ce passage au bio, explique :

« On est à 2,04€ de coût aliment. Acheter du bio, même si ça coûte plus cher, conduit à rechercher des sources d’économies très vertueuses (…) Nous, pour financer le bio, on était à 145 grammes de gaspillage alimentaire par repas en 2010, on en est aujourd’hui à 30 grammes et le delta, ce sont ces 10% [qui permettent d’acheter bio] »

Dans toutes les cantines de France, on jette un tiers de ce qu’on produit

A Mouans Sartoux, le jardin communal fournit les légumes de la cantine scolaire
A Mouans Sartoux, le jardin communal fournit les légumes de la cantine scolaire © Radio France / Béatrice Dugué

Les produits du jardin

La totalité des produits cuisinés dans cette cantine sont régionaux, et les légumes viennent du jardin communal, cultivé par le maraîcher, Sébastien Jourde : mâche, chou chinois, poireaux, céleri, blettes, etc… légumes qui ont en général peu de succès chez les enfants : « C’est une éducation au goût. Les enfants viennent sur le domaine, participent parfois aux plantations aux récoltes ».

Du coup, un lien se crée entre les légumes et l’enfant : une fois qu’ils l’ont dans l’assiette, ils se rappellent le moment où ils l’ont récolté, planté. Ça facilite au moins le fait de goûter le légume

Les enfants se familiarisent même avec les légumes qui, d'ordinaire, ont peu de succès dans les assiettes de la cantine
Les enfants se familiarisent même avec les légumes qui, d’ordinaire, ont peu de succès dans les assiettes de la cantine © Radio France / Béatrice Dugué

Sadivayil : du bio et des bijoux pour une renaissance

Pour sortir un village entier de la pauvreté, existe-t-il une formule magique ? Malheureusement, non. En revanche, pour l’aider à faire face, trouver des solutions pertinentes et durables, on peut mettre en place, simultanément, plusieurs programmes ciblés. C’est le pari d’Amrita SeRVE, initiative lancée en 2013 par l’ONG indienne Embracing the World. À travers le pays, une centaine de villages ont été « adoptés » et reçoivent une aide multi-facette, avec le but de les amener à la prospérité et à l’autonomie.


Tout est parti d’un constat : les villes indiennes grouillent de population car les villages, qui produisent pourtant la nourriture de ces villes, n’ont plus les moyens d’offrir des conditions de vie décentes à leurs habitants. Accès à l’eau potable insuffisant, infrastructures électriques défaillantes, illettrisme, manque de soins médicaux, agriculture dont les rendements chutent… Le diagnostic était dramatique. À l’heure où l’ONU, avec les objectifs du Millénaire, a décrété comme priorité l’éradication de la pauvreté, la situation ne pouvait plus durer.

Embracing the World a développé en trois décennies une compétence solide dans les domaines de l’éducation, la santé, la distribution alimentaire, l’écologie… Sa force est de s’appuyer sur des laboratoires de recherche pointus, au sein de l’Amrita University, pour créer des réponses adaptées aux réalités singulières de terrain.

Mobiliser les hommes pour assurer la sécurité alimentaire

J’avais déjà beaucoup lu sur les actions menées mais j’avais envie de plus : voir de mes yeux ce qui se passe dans ces villages, rencontrer les bénéficiaires, écouter les résultats qu’ils ont obtenus en participant. C’est ainsi que j’ai pris la route vers le Tamil Nadu, pour découvrir le bourg de Sadivayil, à une soixante de kilomètres de la cité de Coimbatore.

Dans la voiture, le coordinateur local, Sreeni, me dresse un tableau de la situation à son arrivée : agriculture en faillite, pas d’autre source de revenus pour les habitants, une alimentation qui se raréfie, un taux d’échec scolaire catastrophique, l’alcool qui fait des ravages, la violence qui s’insinue dans toutes les relations.

Il commence, au début, par discuter avec les villageois, il veut comprendre ce qu’ils vivent, quel est leur état d’esprit. Assez vite, il leur propose de cultiver du riz bio. La proposition suscite un rejet frontal. Il fait preuve de pédagogie, explique, désamorce les peurs, et petit à petit, il réussit à les convaincre. Les villageois réunissent ensemble l’argent pour faire les achats nécessaires et apprennent les étapes de la culture biologique (épaulés par étudiants et professeurs de l’université Amrita, qui a un campus à proximité). Très surpris, ils voient ensuite surgir une récolte supérieure à leur espérance, qu’ils sont capables de vendre à un bon prix. La suite ? Cette année, pour augmenter encore les rendements, l’accent sera mis sur la construction d’un système d’irrigation. Dans les yeux des hommes, je le vois au moment où je descends de la voiture, alors qu’un petit groupe vient nous accueillir, il y a désormais de la fierté, et parfois une étincelle de joie.

Lire la suite : https://www.colibris-lemouvement.org/magazine/sadivayil-bio-et-bijoux-pour-une-renaissance

À Malaunay, des cantines entièrement bio ou local toute la semaine

MALAUNAY (Normandie). La ville de Malaunay, sur la rive droite de Rouen (Seine-Maritime), propose d’animer les cantines du 18 au 22 septembre, dans le cadre de l’Opération nationale « Manger bio et local, c’est l’idéal ! ».

Les menus de la ville seront en effet uniquement bio et local sur l’ensemble de la semaine !

Pour rappel, le service Restauration est engagé tout au long de l’année sur des actions de sensibilisation et d’animation autour du bien manger/bien trier.

Un engagement fort a été pris par la Ville pour l’achat bio et local. Ainsi le service Restauration assure une provenance locale pour par exemple les carottes de Saint-Jean-du-Cardonnay, les pommes et poires de Jumièges, la viande de NVH Normandie. Il s’approvisionne en pâtes, riz et lentilles toujours en bio, ou commande encore des compotes, yaourts, lait, fromages très souvent bio, du pain bio de Malaunay livré 3 jours sur 4 aux cantines.

Guillaume Coutey, maire de Malaunay, rappelle l’objectif de 50 % de bio ou local servi à la cantine en 2018. Geneviève Van de Velde, responsable de la restauration à Malaunay est la garante de cette politique de développement des circuits-courts. « Nous avons atteint 19% de produits bio servis dans nos deux restaurants scolaires et au centre de loisirs et 22% de produits locaux. Cela représente 41% de bio ou local cuisiné toute l’année. »

Tous les plats servis sont cuisinés sur place par trois personnes dédiées à la restauration.

Une démarche de sensibilisation au gâchis alimentaire et au tri est aussi menée à Malaunay depuis plusieurs années, avec l’installation d’une table de tri au restaurant scolaire de l’école Miannay en 2016, qui permet aux enfants de séparer les déchets organiques, recyclables ou non recyclables tout en participant activement au débarrassage. Au groupe scolaire Brassens, un travail sur le tri est engagé, qui doit déboucher sur une seconde table de tri installée sur l’année scolaire 2017-2018.

Le service assure des distributions de fruits à la récré une fois par semaine en moyenne, et depuis 2017 fournit la crèche en fruits pour apprendre aux petits à les découvrir.

Il participe à la Semaine du goût chaque année en octobre, avec une thématique mise en avant et déclinée en actions diverses auprès des enfants des deux groupes scolaires. Les légumes oubliés seront mis à l’honneur pour l’édition 2017. Il anime en outre deux rubriques sur le site internet* : « le marché de la saison », pour apprendre à mieux s’alimenter en lien avec la nature, et « l’art d’accommoder les restes » pour cuisiner malin. Un calendrier des fruits et légumes de saison est d’ailleurs disponible sur cet espace.

L’ensemble de ces actions est mené en régie municipale.

Source : http://www.paris-normandie.fr/

Cantine bio

Macantine.bio

Selon une étude que nous révélons, 86% des familles souhaitent qu’au moins 20 % des aliments servis à l’école soient sans pesticides.

Après quelques jours en maternelle, Noé, 3 ans, aime tout, sauf… la cantine. « La cuisine est berk ! » résume-t-il. « Et pas du tout bio », souffle sa mère, Lisa. La quadra, adepte du sans pesticides depuis la naissance de son fils, soupire : « Au petit-déjeuner, au dîner, on se démène pour qu’il mange bio. Mais à la cantine, pas le choix ! » Parce qu’on redoute les effets des pesticides sur nos enfants, parce qu’on veut qu’ils apprennent le goût des fruits, la question des produits estampillés agriculture biologique dans les menus scolaire est de plus en plus pressante. Selon une étude d’Agir pour l’environnement*, que nous révélons, 86 % des parents réclament qu’au moins 20 % des aliments servis dans les écoles soient bio.

Les produits laitiers en première ligne

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*Part des établissements scolaires qui déclarent acheter des produits bio, au moins en partie, pour chaque catégorie d’aliments.

Surtout pour les petites classes. « C’est notamment le cas dans les plus petites classes, parce que les parents de jeunes enfants se préoccupent beaucoup d’éducation au goût », indique Liliana Moyano, la présidente de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves). Or les cuistots passés au bio mitonnent des riz semi-complets aux saveurs plus fortes et peu connues des jeunes papilles. De la part des familles, la demande de fruits et légumes cultivés sans pesticides, de viande de boeufs qui ne seraient pas nourris au soja OGM brésilien est en hausse depuis une dizaine d’années. Et réclamer une garantie bio n’est pas une lubie de bobo. D’après le sondage d’Agir pour l’environnement, 84 % des ouvriers sont pro-étiquette AB dans les réfectoires, à peine moins que les cadres supérieurs (85 %). On estime qu’aujourd’hui seulement 3 % des plateaux de nos enfants sont bio. « Nous réclamons 20 % de bio dans les assiettes. C’est très raisonnable ! » insiste Liliana Moyano.

Les agriculteurs verts assez nombreux. Vingt pour cent de produits estampillés bio, c’était la proposition de loi de la députée Brigitte Allain (EELV), retoquée par le conseil constitutionnel en janvier. Un seuil réaliste pour la filière bio. « Le nombre de producteurs bio est désormais suffisamment important pour fournir toutes les cantines scolaires. Les filières sont structurées et les agriculteurs n’attendent plus que les commandes », affirme Jean-Paul Gabillard, secrétaire de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab). Le candidat Macron a, lui, garanti 50 % de bio ou de produits durables d’ici à 2022 dans la restauration collective. « Il parlait alors d’aliments bios, affichant un label écologique ou produits localement. Il faut des précisions. En l’état, une école pourrait donc se fournir auprès de grandes cultures bourrées de pesticides à condition qu’elles soient situées à proximité », s’inquiète Mathias Chaplain, d’Agir pour l’environnement.

 

Et dans ma ville ? A compter d’aujourd’hui, on peut sur le site Macantine.bio vérifier si l’école ou la future école de ses enfants sert des ratatouilles sans pesticides. Il suffit d’entrer son code postal. Cette campagne à l’initiative d’Agir pour l’environnement, de la Ligue pour l’enseignement, de la FCPE et de la Fnab permet en un clic d’envoyer automatiquement une lettre au gestionnaire de la cantine (mairie, conseiller départemental, directeur d’école …). Cinquante mille écoles sont déjà référencées. Au fur et à mesure, le site affichera les réponses des établissements. Une façon d’afficher au tableau d’honneur les bons élèves et de pointer du doigt les cancres.

 

* Enquête Ifop, pour Agir pour l’environnement, menée auprès d’un échantillon de 1 030 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

A Saint-Etienne, fini les tomates en février

 - DR

 

Saint-Étienne (Loire) est la seule ville de plus de 100 000 habitants à proposer des menus à 80 % bio dans ses réfectoires. Le goût est excellent, promet-on dans les écoles stéphanoises. « Manger bio est également important pour la santé des enfants, souligne Sylvie Jacquier, nutritionniste et membre du réseau les Pieds dans le plat. Il faut savoir que les légumes bio comptent 60 % d’antioxydants en plus que les légumes classiques, or ces nutriments permettent de lutter contre le vieillissement et les risques de maladies comme le cancer.» Autre avantage, dans les crèches, les maternelles et les élémentaires de Saint-Etienne, les petits se familiarisent avec la saisonnalité des fruits et légumes. « Plus question de servir des tomates en février, continue la spécialiste. Cela correspond aussi aux besoins nutritionnels des enfants qui consommeront alors des racines qui tiennent au corps (rutabaga, céleri…) plutôt que des courgettes pleines d’eau quand le thermomètre plonge.»

 

Pas de surcoût

 

Et le prix de ces menus écolo? Chacun des repas des petits Stéphanois coûte 5 € à la collectivité et est facturé entre 1,05 € et 4,80 € aux parents selon le quotient familial. « Avec 3 000 repas par jour, la cuisine centrale de la ville a pu faire des économies d’échelle et maîtriser ses coûts. Il n’y a aucun surcoût par rapport aux menus non bio de la période précédente », se félicite Gaël Perdriau, le maire LR de la ville.

 

Seul écueil, tous les aliments ne peuvent pas être proposés en bio. Il est ainsi à peu près impossible de trouver du poisson bio. Les enfants de Saint-Etienne mangent tout de même leur ration de produits de la mer mais ceux-ci ne sont pas estampillés AB. « C’est une question de bon sens » explique le maire. En fait de bon sens, la ville avait d’abord fait le choix du tout bio dans ses cantines en 2014 et s’était retrouvée contrainte d’importer de la viande de Hongrie ou des lentilles de Chine, par exemple. « Le système a montré ses limites, concède l’élu. D’une part on peut s’interroger sur la certification dans ces pays. D’autre part le bilan carbone des aliments qui font le tour du monde pour arriver dans nos réfectoires est catastrophique. » La ville a donc revu sa copie pour favoriser les circuits courts.

Source : Le Parisien

sos cantine

SOS Cantine Les chef contre attaquent

Mercredi 6 septembre, la chaîne M6 diffusera un nouveau programme culinaire qui s’intéressera cette fois-ci à ce que mange nos enfants dans les cantines.

Les enfants sont nombreux à manger à la cantine mais les repas parfois servis ne sont pas forcémment du goût de ces derniers. Pire encore lorsque dans certains établissements, la qualité des produits reste à désirer. C’est ainsi ce qu’à souhaité savoir M6 qui a décidé de consacrer son nouveau programme qui s’intitule «SOS CANTINE – Les chefs contre-attaquent» à ce que mange nos bambins dans les cantines françaises.

La santé et l’équilibre de nos enfants sont étroitement liés à leur alimentation

Quatre chefs ont donc accepté de venir en aide à deux cantinières d’écoles de Béthune afin d’améliorer la qualité des repas servis aux enfants. Norbert Tarayre, Ghislaine Arabian, Coline Faulquier et Pierre Augé ont donc enquêté pendant trois mois dans les coulisses de 2 cantines scolaires et ces derniers ont fait face à un triste constat à savoir : ingrédients en boîte, surgelés d’entrée de gamme à la traçabilité opaque, plats cuisinés des jours à l’avance…

Les chefs vont devoir faire preuve d’ingéniosité afin de montrer qu’il est possible de changer le fonctionnement des cantines. A l’issue de cette expérience, les cantinières devront servir aux représentants locaux et aux enfants des cantines un repas de gala afin de convaincre les élus de s’engager à poursuivre la mission des chefs.

Les chefs vont redresser le niveau de deux cantines scolaires

Les quatre chefs vont donc transformer les 2 cantines scolaires en véritable restaurants scolaires et en faire ainsi une exemple pour toutes les écoles de France. D’autant plus quand on sait qu’aujourd’hui, plus de deux enfants sur trois mangent à la cantine.

Ils auront pour mission

  • Cuisiner des produits frais à la cuisine centrale
  • Respecter les coûts
  • Ramener des gestes de cuisine dans les cantines et rendre les cantinières fières de leur menu
  • Rééduquer le goût des enfants

En trois mois, nos chefs sont parvenus à révolutionner l’organisation des cantines de Béthune et à ramener de bons produits dans l’assiette des enfants. Mais que s’est–il passé depuis la fin de notre tournage ? C’est ce que nous allons vous raconter…

De la malbouffe même chez les tout-petits…

Au cours de leur immersion dans les cantines scolaires, nos chefs ont aussi été confrontés aux goûts alimentaires des enfants d’aujourd’hui. Peu habitués aux produits frais, ils rechignent souvent à déguster des aliments inconnus. Alors, quelles sont les recettes des chefs pour leur faire manger des aliments a priori repoussants… foie de veau, poulpe,
salsifis… Avec les recettes inédites de nos chefs, toutes les folies sont permises !

Quelques chiffres sur les cantines françaises :

  • 2 enfants sur 3 déjeunent à la cantine
  • Au cours de sa scolarité, 1 élève n’y mange pas moins de 2.000 repas
  • Le repas du midi est censé combler 40% des besoins alimentaires quotidiens
  • Le repas du midi est censé combler 40% des besoins alimentaires quotidiens d’un enfant en pleine croissance
  • 70% de ce qui est servi aux enfants dans les cantines finit dans les poubelles
  • Le gâchis dans les cantines équivaut à 32 camions poubelles par jour

Retrouvez donc ce nouveau programme de M6 dès le 6 septembre à partir de 21 heures.

Source : http://www.actu-mag.fr

Paris : les cantines du XIe font appel aux producteurs bio de l’Yonne

Les élèves du XIe sont partis en vacances bien méritées vendredi. Mais à la mairie d’arrondissement, on travaille pour améliorer leurs repas dès la rentrée. Grâce à un partenariat inédit qui vient d’être noué, les produits d’une quinzaine d’agriculteurs installés dans la vallée de la Vanne (Aube et Yonne), à 150 km de la capitale, se retrouveront dans leurs assiettes. Leur point commun : ils cultivent en bio des champs situés au-dessus d’un point de captage d’Eau de Paris et sont donc soutenus par l’opérateur public soucieux de limiter les infiltrations de produits chimiques.

« L’objectif, c’est de boucler la boucle, résume François Vauglin, maire (PS) du XIe et également vice-président d’Eau de Paris. Grâce à ces agriculteurs, on a de l’eau moins traitée au robinet. Maintenant, on veut faire profiter les petits Parisiens de leurs bons produits ». Des lentilles vertes, des pois chiches, de l’huile de tournesol et de cameline et à terme des fruits et légumes seront donc livrés, d’abord en quantité limitée, à la caisse des écoles du XIe dès septembre.

Agriculteur à Arces-Dilo (Yonne) où il cultive 160 ha, Christophe Dupuis est ravi de cette expérimentation qui lui ouvre de nouveaux débouchés. « Ça nous offre une belle perspective à moyen terme : c’est encourageant pour nous qui voulons développer les circuits courts » salue le trentenaire. Dans la vallée de la Vanne, sur l’aire de captage d’Eau de Paris, la part des cultures labellisées agriculture biologique est passée de 1 % en 2008 à 11 % l’an dernier. « Et d’autres agriculteurs sont prêts à sauter le pas : on sent qu’une dynamique s’est enclenchée » se félicite Christophe Dupuis.

D’autant qu’avec 9 400 repas par jour servis dans le XIe, actuellement bio à 35 %, ce nouveau marché est loin d’être négligeable. « L’objectif fixé par l’Hôtel de Ville est de passer à une proportion de 50 % de bio en 2020 mais aujourd’hui, l’un des freins est la capacité de la filière à suivre, souligne François Vauglin. Ce test va donc nous aider à accélérer le processus. C’est une première à Paris. » Pour l’élu, « tout le monde va être content : les élus, les agriculteurs et les parents ». Il ne reste plus qu’à convaincre les enfants de manger des lentilles…

Source :   leparisien.fr

Sénégal : Projet d’achats locaux d’Aliments pour 23 000 écoliers assistés à travers 181 cantines scolaires

L’Etat du Sénégal, en partenariat avec le gouvernement du Brésil, du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et de l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), a organisé un atelier de consultations nationales sur le projet d’achats locaux d’Aliments-PAA. A travers ledit projet, c’est 23 000 écoliers qui sont assistés à travers les 181 cantines scolaires appuyées par le PAM.
Selon M. Guy Adoua, directeur et représentant résident du PAM au Sénégal, la stratégie du PAA dans sa phase d’expérimentation consistait à approvisionner les programmes de cantines scolaires et d’assistance alimentaire à partir de produits locaux provenant des exploitations agricoles familiales. Et elle s’est traduite par l’appui à la production et à la commercialisation des surplus de production de ces exploitations familiales, souvent confrontées à des difficultés d’accès au marché pour l’écoulement de leur production.
« Au Sénégal, le programme a été mis en œuvre à travers une phase pilote et une période de consolidation, dans la région de Kédougou durant la période 2012-2016, grâce au financement du Brésil d’un montant cumulé d’environ 1 800 000 Dollars américains. Pour les phases pilote et de consolidation, 1000 ménages vulnérables (avec de petites exploitations familiales productrices de riz), répartis dans 5 unions de groupements d’intérêt économique ont été touchés et 23 000 écoliers assistés à travers les 181 cantines scolaires appuyées par le PAM », avance M. Guy Adoua, directeur et représentant résident du PAM au Sénégal en marge de la cérémonie.
Selon lui le projet a permis : d’augmenter les rendements en riziculture pluviale de 0,8 T/ ha à 2,5 t /ha puis à 3 t/ha grâce à l’appui technique de la FAO ; d’acheter les surplus de production : avec une moyenne annuelle de 120 tonnes de riz blanc durant toute la période et enfin de couvrir avec ces achats les besoins des cantines scolaires dans 181 établissements élémentaires et préscolaires appuyés par le PAM dans la région de Kédougou.
Le directeur représentant résident du PAM, au Brésil, le « programme national d’acquisition », qui a inspiré le projet PAA Afrique, a connu un succès éclatant et a permis d’extirper plus de 20 millions de personnes de la pauvreté et de la faim, en combinant harmonieusement les programmes de sécurité alimentaire, de nutrition et de protection sociale, entres autres.
M. Mody Diop, responsable du bureau d’information sur la sécurité alimentaire, souligne : « C’est un projet qui est d’inspiration brésilienne. Quand le président Lula était arrivé au pouvoir, il avait mis une stratégie faim zéro. Cette stratégie portait sur une trentaine de programmes qui avaient un programme très important qu’on appelait projet d’achat d’aliments.

Alors la mesure d’intervention de ce projet est la suivante, l’Etat soutient l’agriculture familiale afin de dégager un surplus de production et ce surplus de production qui sera mis à la disposition des nécessiteux à travers les programmes d’assistance alimentaire ».
Il estime que le projet a été mis en œuvre à partir de 2012-2016 avec la FAO et le PAM avec le concours financier et technique de l’Etat du Brésil, c’était sur la base de discussion et négociation entre la FAO et le Brésil. Et le Brésil a injecté 1 766 000 dollars pour soutenir une phase pilote d’abord entre 2012-2016, ensuite de 2013 à 2016 une phase de consolidation. Il note que les résultats de ce projet ont été probants, ont été satisfaisants. Il a tenu à préciser que l’Etat a jugé nécessaire d’étendre ce projet au niveau du Sénégal dans 6 régions.

Dordogne : le rendez-vous national des cantines bio

Les premières rencontres nationales de la restauration collective engagée en bio se déroulent jusqu’à vendredi à Marsaneix, village pionnier

Près de 150 participants, élus, gestionnaires et bien sûr cuisiniers venus de toute la France ont rendez-vous pour deux jours dans le village de Marsaneix, au sud est de Périgueux, pour les premières rencontres nationales de la restauration collective engagée en bio.

Ce jeudi, ils plancheront sur des thèmes comme « la restauration collective pour développer l’agriculture biologique », la maîtrise des coûts, la cuisson à basse température, le gaspillage alimentaire ou l’éducation au goût. Vendredi; ils travailleront sur la labellisation de la restauration collective bio et sur le « modèle santé ». Une cinquantaine d’intervenants sont prévus entre les conférences, les ateliers et les tables rondes.

Le lieu n’a pas été choisi par hasard, car la cantine de Marsaneix a été la première de France labellisée par Ecocert (99% de produits bios dont 85% d’origine locale). Elle sert des repas 100% bio. Le chef qui a porté le projet, Jean-Marc Mouillac, anime une association nationale baptisée Les Pieds dans le plat qui fédère les professionnels. Il vient aussi d’être nommé animateur formateur pour le Conseil départemental de la Dordogne afin de développer les cantines bio.

Normandie : des produits locaux dans les cantines ?

Soutenir l’agriculture normande en proposant qualité et traçabilité au sein des établissements scolaires, reconnecter agriculture et restauration collective en favorisant l’approvisionnement local: tels sont les objectifs à atteindre aujourd’hui.

C’est un état de fait depuis quelques années déjà maintenant : il existe aujourd’hui dans notre société une dynamique qui pousse à penser différemment notre alimentation. Émergence de circuirts-courts, progression de la consommation de produits issus de l’agriculture biologique et/ou locaux en sont la preuve. Cette prise de conscience des consommateurs s’accompagne d’une exigence plus importante encore vis-à-vis de l’alimentation du jeune public.

« Il n’existe aucune entrave juridique ou politique à l’intégration dans la restauration collective de production locale », a souligné Edwige Darracq, sous-préfète de Vire, lors d’un colloque au lycée agricole de Vire le 21 juin dernier.

Organisé par la sous-préfecture de Vire et coorganisé avec la Chambre d’Agriculture du Calvados et le lycée agricole, ce colloque sonne comme un encouragement de l’État dans l’approvisionnement local et un appui des collectivités à faciliter la diversification des débouchés.

Des dynamiques

Cette après-midi de rencontres entre les acteurs du monde agricole, de la restauration collective, des établissements scolaires, des élus, des représentants des services publics leur a permis d’échanger autour du potentiel de reconnexion de la production et de la consommation. Les différents témoignages apportés, et notamment ceux de Mickael Kerloc’h, chef cuisinier au lycée Marie Curie de Vire, ont confirmé les dires de la représentante de l’État : « A Curie, on fait goûter à l’aveugle les produits aux jeunes : un produit qui semble bon pour un ado n’est pas forcément le meilleur….Il faut leur expliquer tout ça. Les rognons de bœuf en sont l’exemple : nous en préparions 5 kg par midi, on a doublé les volumes aujourd’hui. Si c’est bien préparé, les jeunes sont prêts à goûter. Il faut être open, écouter ce qu’ils ont à nous dire, les associer aux choix des produits. »

La restauration collective : un réel enjeu territorial. (©La Voix le Bocage. )

Une éducation au goût

Le lycée Marie Curie met un point d’honneur à utiliser au maximum des produits de saison et locaux : « Toute notre viande est née, élevée, abattue, en Normandie. Nous faisons notre propre pâte à pizza, la farine vient d’un producteur local, etc. », souligne Mickael Kerloc’h pour qui le produit idéal serait « bio et local. » Si l’éducation au goût est le fer de lance de l’établissement, « toucher les parents est plus difficile : il faut qu’on cible les ados, ce sont les futurs parents de demain. Nous avons des retours positifs des élèves : ils vont s’y faire ! » À Saint-Jean-le-Blanc, petit village où les agriculteurs bios sont légion, les écoliers consomment 80 % à 90 % de produits locaux dont 70 % de produits bios ! Des chargés de mission sont d’ailleurs à la disposition des collectivités pour les accompagner dans leurs projets.

Axes de travail

Différentes pistes ont été soulevées afin de développer encore davantage des outils permettant de s’approvisionner localement et d’accompagner la mutualisation des pratiques et la complémentarité des circuits courts. L’ouverture des cantines aux parents a ainsi été évoquée ainsi que la création d’un site internet regroupant toutes les ressources locales. « Nous devons travailler sur la connaissance mutuelle avec des rencontres entre les chefs des restaurants collectifs et les producteurs ainsi qu’entre les acheteurs publics entre eux », a déclaré la sous-préfète qui encourage les agriculteurs à « s’organiser et se regrouper ».

« L’agriculteur n’est plus seulement producteur mais est aussi à la manœuvre pour la commercialisation de son produit », a-t-elle ajouté.

Source : https://actu.fr/normandie/