Une cantine locavore et bio, c’est l’objectif de Crepy en Valois

Crépy, Beauvais ou des villages du Compiégnois souhaitent des produits AB au menu de leur restauration scolaire. Des circuits-courts accompagnent cette volonté politique.

Première de la classe : la cantine de Crépy-en-Valois. La cuisine centrale, qui prépare 800 à 900 repas par jour, a misé sur le bio dès 2013. Aujourd’hui, les plats servis aux écoliers du primaire comptent de 20 à 30 % de produits issus de l’agriculture biologique (AB). Carottes râpées et chou rouge, riz pilaf et purée de légumes, fromage blanc et pomme – le tout estampillé AB – sont ainsi au menu de cette première semaine de décembre.

Et comble du bon élève : ses achats sont parfois opérés en circuits courts. Ainsi ce service municipal s’approvisionne-t-il pour partie auprès d’une plateforme régionale, Bio d’ici d’abord, dont le siège est à Amiens.

«  Aujourd’hui, le marché des produits bio est clairement tiré par les Villes, observe Ludovic Pradel, unique salarié de cette structure de distribution. Et si la demande vient des cantines scolaires des communes, c’est peut-être parce qu’il est plus facile pour les familles de solliciter leur maire que leur conseiller départemental ou régional.  »

Un agriculteur fonctionnaire comme à Mouans-Sartoux  ?

De fait, même des communes qui ont concédé leur service de restauration à des opérateurs privés tentent l’expérience. Ainsi un quatuor villageois, près de Compiègne,- Le Meux, Armancourt, Jaux et Jonquières – l’a exigé dans son dernier appel d’offres.

«  Depuis la rentrée, les enfants, environ 250, ont un fromage et un fruit ou un dessert lacté bio, chaque jour  », note Michel Jeannerot, maire de Jaux. «  Nous avons changé de prestataire à cette occasion : Dupont, implanté dans le Pas-de-Calais, a été le mieux disant. Sans hausse de tarif. »

Mais ce maire de noter qu’il ignore la provenance de ces aliments AB. «  Peut-on envisager du bio local ? Sans doute un jour. Il faut aller step by step. Autour de nous, il y a du blé, du maïs, peu de maraîchage. Faut-il envisager de créer une régie municipale pour produire nos légumes, comme à Ungesheim ?  », s’interroge à voix haute Michel Jeannerot. Une question saisie à la sortie de Qu’est-ce qu’on attend ?, un documentaire sur la transition écologique conduite par ce village alsacien.

«  Les communes en recherche de comestibles de proximité peuvent recruter un agriculteur fonctionnaire comme à Mouans-Sartoux, dans les Alpes-Maritimes  », relaie Sophie Rosblack, chargée du dossier restauration scolaire au sein de l’association Agriculture biologique en Picardie (ABP). Ou faciliter la création d’une association d’insertion du type les Jardins de Cocagne ou appeler de leurs vœux l’installation d’agriculteurs bio, comme à Beauvais, ou encore la conversion d’exploitants conventionnels.

Plus de terres en conversion

«  Il n’y a pas de modèle économique type à privilégier  », assure Nadou Masson, présidente d’ABP. «  Le marché existe. Il peut y avoir des freins à la conversion chez les agriculteurs. Mais pas celui des débouchés. » Elle-même à la tête, avec son mari, d’une exploitation agricole de 260 ha dans le Sud de l’Oise, a fait muter une centaine d’hectares. «  Nous serons à 115 ha cultivés en bio l’année prochaine.  »

En Picardie, les surfaces agricoles en conversion ont bondi de 53 % entre 2014 et 2015. Avec un marché du bio qui a connu une croissance à deux chiffres de 14, 7 % au cours de cette période. Une croissance confirmée en 2016.

«  Il y a huit ans quand on parlait bio aux agriculteurs, limite, on les insultait  », observait Éric Bertrand, vice-président de l’Agglo de Compiègne, qui accueillait la semaine dernière le forum d’ABP. «  Aujourd’hui, ils sont plus ouverts, mais ils nous disent : pouvez-vous nous garantir nos revenus ?  »

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